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 Extraits EH! :D

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Lysander Scamander
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MessageSujet: Extraits EH! :D   Jeu 26 Mai - 20:10

Mon ombre courait sur les reliefs de la ville. Les trottoirs ondulants de Berlin m'épuisaient, tandis que je courrais, cherchant à user toutes mes forces dans un effort démentiel. Mais la fatigue ne venait pas, et mes muscles braillaient sous les étirements. Mais je ne parvenais pas à ressentir pire douleur que celle, vicieuse, qui rongeait mon ventre, les remords. J'avais fait souffrir inutilement mes parents dans un excès de colère, ne parvenant plus à me contenir. J'avais ressenti une satisfaction effroyable en voyant la tristesse la plus totale qui soit gravée avec violence dans le visage de mon père, et j'avais senti la colère de ma mère. J'avais aimé les faire souffrir ainsi. Je l'avais aimé, c'était indubitable. Mes foulées s'accélerèrent, et malgré les chutes nombreuses, je gardais les yeux emplis de rage.

« Estéban? Tu es tombé? »
« Plusieurs fois. Que me voulais tu? »
Mes yeux étaient rouges et enflés, et je passais mon poignet dessus en effleurant le sang qui coulait de mes lèvres. J'avais dût me casser quelque chose, mais je ne ressentais aucune douleur. La main de Karl, longue et osseuse épousa la forme de mon visage. Je relevais mes yeux sur cet ami croate, brun, afin de graver ses traits dans ma mémoire.
« Tu as peur. »
Qu'il me comprenne, qu'il ne soit pas blond aux traits fins, qu'il n'ait pas les yeux verts... tous ces facteurs comptèrent.
« Il ne reste que deux mois. Je ne le supporte plus. »
Karl écarquilla les yeux, et s'assit, m'intimant de l'imiter. Je posais mes genoux contre ma poitrine. Le sang goutta sur les rotules de mon pantalon, tachant le tissus.
« Tu sais... moi je n'arrive pas à avoir peur. Je le sais depuis le début, mais... même aujourd'hui je en ressens rien face à ma propre mort. Je suis heureux... c'est un peu égoiste de dire cela en face de toi, mais je veux être sincère, Steb. Tous nos espoirs reposent à la fois sur Justin, car il va nous faire nous envoler, et sur toi. Car tu es l'héritier de cette joie. »
« On ne peut pas se suicider joyeux, Karl... »
« En effet. C'est stupide. Mais je ne me suicide pas joyeux, Estéban. Je meurs joyeux. »
« Je veux être avec vous. Je veux... je veux partir avec vous. Moi, je ne supporte plus ma vie. Je ne sais plus ce que je dois penser, ce que je dois faire. Je veux effacer tout cela. »
« Voilà la différence, Estéban. Toit u veux effacer, tu veux oublier, en sombrant dans la facilité du suicide. Justin m'offre, nous offre, à notre cercle, la moyen de choisir notre mort, de choisir les conditions de notre mort, et ce en nous préparant la vie la plus belle qui soit. Si je ne me rendais pas avec Justin, le jour où nous mourrons, peut être survivrais-je. Je grandirais, j'apprendrais un métier, et je connaitrais alors des terreurs, des pleurs, des colères... des sentiments effroyables que je peux éviter en mourant aujourd'hui. Ma vie de maintenant est superbe Estéban: elle va bientôt se terminer, mais j'ai connu tout ce que je voulais connaître: la joie, l'amour. Et ce avec vous; dans le groupe! Avec toi, avec Justin. Nous avons grandis ensemble un an, alors que nous aurions put ne jamais nous cotoyés. Tu imagines? Le Groupe n'existerait pas. Nous ne nous serions jamais connus les uns les autres, jamais nous n'aurions put faire vibrer notre musique. Donc, en mourant dans deux mois... je considère que j'achève un beau roman. Celui de ma vie. Entrelacée à la vôtre. »
« Karl... »
Il me regarda tendrement, et posa sa main sur la mienne, attendant la suite. Je fixais une seconde sa longue main arachnéenne puis relevais un regard suppliant sur lui.
« Je peux dormir chez toi ce soir, s'il te plait? Je ne veux pas revenir tout de suite chez moi. »
« Bien sûr. »
Merci Karl. Merci de me montrer la voie de la raison, de me prouver que ce qu'avait fondé le tout premier Caméléon était quelque chose de solide, qui traversait les souffrances humaines, qui plongeait le coeur dans le plus intense des sentiments. La passion. Plus que l'amour, je n'arrivais plus à décrire mes ressentis. Mais je savais ce que j'avais dans le ventre. La colère, la rage de vivre, ou presque, et surtout la volonté. Cette flamme qui s'était allumée sous peu pour ne pas se reteindre. Je refusais qu'un souffle du Destin la tue, éteigne en moi sa bienfaisante chaleur.

Aujourd'hui il faisait beau.
Merveilleusement beau. Le soleil de juillet embrasait l'Allemagne d'une douce irradiation lumineuse, plongeant ses reliefs germanique dans la chaleur d'un été battant. Les pelouses des jardins se desséchaient, se parant d'herbes brûlées et sèches, cassant nerveusement sous la moindre pression, mais rêche et droite comme des combattants de la dernières heures.
Les maisons abandonnées, silencieuses, s'éventraient en de multiples endroits, toutes les fenêtres ouvertes, dans l'espoir d'attirer une quelconque brise soulageant cette canicule. Et les ombres, qui s'étiraient sur les trottoirs, pullulant de chats paresseux. De temps à autres, les félins relevaient vaguement leurs prunelles éteintes, pour admirer la rotation des roues de vélo passant près d'eux, conduits par des jeunes hommes rouge de sueurs. La journée était belle, calme, chaude. Incroyablement tranquille, dans cette torpeur générale abritant une Berlin endormie. Etrange léthargie que celle ci. Comme si, sous l'éclat du soleil, les hommes se faisaient faibles, flegmes, mous. Comme si... sous la force primaire, sous le véritable resplendissement de la beauté divine, l'homme n'était pas là pour admirer.

Justin leva son visage. Aucune goutte de sueur ne scintillait sur sa peau, sous le saphir pâle de ce ciel si haut. Rien. Juste un sourire d'enfant, qui étirait ses lèvres, découvrait ses dents, exposait une joie calme. Le vent, timidement, venait de temps à autres, soulever les mèches blondes. Justin frissonna.
« Vendredi vingt et un juillet. »
Les mots, lourds de sens, planaient. Ils furent prélevés par tous les garçons présents. Tous. Cent quarante huit.
« Êtes vous prêts, mes amours? »
« Oui. »
L'unique voyelle, « ja », glissa d'entre les lèvres, successivement, avec cette même douceur. Tous les regards, les uns après les autres, quittèrent le ciel pour se plonger sur le visage de l'adolescent blond. Ce dernier leur sourit, avec joie, comme fier de leur réponse. Leurs coeurs ne faiblissaient pas. Ils ne lâchaient pas une seconde ce courage, presque banal.

Le chat leva sa patte et avec douceur, l'approcha de sa gueule pointue. La lange râpeuse glissa avec difficulté d'entre les babine, mais se posa sur les poils courbés, pour dans un lent va et viens, nettoyer le membre soyeux, plongeant les poils nacrés sous une très fine pellicule de salive, qui à la chaleur disproportionnée, sécha aussitôt. La calme... le bonheur, simple, animal.
Et puis, quelque chose. Le chat reposa sa patte, levant brusquement la tête, prêt à détaler. Sous son corps allongé, des vibrations anormales. Ses prunelles se plongèrent vers la rue de droite, et sans comprendre, il aperçut l'insolite explication. Des humains, toute une foule, qui marchaient en silence, se dirigeant vers lui. Le chat arrondi son dos, et bondit sur ses pattes, sans demander son reste, fuyant dans l'obscurité d'un lieu plus silencieux.
Comme un corps, un unique corps, ils se mouvèrent vers le Gymnase. Passèrent sans un mot, mais souriants, confiants, devant le Gymnasium. Tous tournèrent la tête, les souvenirs affluants. Quelqu'un parla, à mi-voix, et bientôt, toutes les plaisanteries autres rumeurs s'élevèrent.
« Tu te souviens quand...? »
« C'est le jour où... »
« Je me rappelle... »
« Moi, j'étais en... »
« Tu es sûr? »
« Et l'année dernière, quand tu avais... »
« Ou bien, il y a trois semaines, lorsque que... »
« J'ai adoré quand... »
« Pas moi. Je préférais que tu... »
« J'aurais bien aimé... »
« C'était génial! J'ai adoré quand nous... »
« Mais non, c'était le mois d'avant! Tu sais, quand... »
Justin sentit la main de Stefan se poser sur son épaule. Il se tourna vers lui, et sentit un grand trouble, dans le ventre, quand ce dernier lui jeta un sourire rayonnant.
« Tu te souviens, quand tu as mis le feu à chez moi? Je voulais te tirer dessus avec le flingue de mon père. »
« Très bien; comme si c'était hier! Mais tu m'as écouté, et on est sorti du salon sans dommages, tous les deux. »
« Et moi, Justin, intervint Gustav, secouant ses longs cheveux bruns, tu te rappelle quand tu as glissé sous les roues de la voiture pour éviter que je me fasse écraser? »
Bientôt, tous se bousculèrent distraitement, pour rappeler à Justin comment il les avaient sauvés. Ce fut un véritable remue-ménage distrait, chacun cherchant à s'approcher de Kreis, mais en souriant, et avec une douceur et calme. Les rires naissaient dans les gorges, explosaient hors des lèvres comme des bulles, libératrices des tensions, baignant leurs esprits dans une fraternité totale, indestructible. Et au milieu, un garçon blond, hilare, secoués par les rires de ses amis.

Il y a des choses qu'il ne faut pas chercher à comprendre. Comme cette fois-ci, où en pleine canicule de juillet, des nuages, lentement, vinrent recouvrir ce ciel trop bleu. Pourquoi la nuance anthracite vint peindre les cieux, plongeant le monde dans une pénombre orageuse. Pourquoi le soleil disparu, écrasé par des cumulonimbus qui jettèrent sur l'Allemagne l'ombre de l'étrange. Pourquoi, en pleine chaleur, en pleine nuit envahissant une après midi à peine née, la pluie explosa. Coula sur leurs visages, sur leurs corps, tout là haut sur les toits. Certains levèrent le bras pour se protéger de ce soudain déluge, comme une étreinte humide collant à leurs corps, coulant dans le dos et les cheveux, embrassant la forme de leurs visages.

« Amours... je sais que ça ne fait pas très virils de vous appeler comme cela, les gars, mais je trouve qu'il n'y a pas d'autres apostrophes qui pourraient aussi bien convenir que celui-là, en cette situation. Je ne voulais pas pas commencer ma phrase par « je ». Mais par vous. En sachant que dans vous, il y a toi. Et que c'est toi, que j'ai regardé, à chaque fois. Que c'est toi qui m'a aidé, parce que tu étais partout, parce que tu étais nombreux, parce que tu étais nous. C'est ce nous qui nous a plongés dans la musique, dans l'amour. Dans la confiance. Qui nous a écartés d'une société trop individualiste, où le véritable bonheur n'existe pas. Nous nous aimons. Nous avons appris à aimer pour l'autre. Et parce qu'aucun de vous n'a faibli, parce qu'aucun de vous n'a regretté son immersion dans le groupe, je suis bouleversé aujourd'hui. En acceptant le rôle de Caméléon... j'étais persuadé que j'allais échouer. Mais c'est votre force qui m'a fait tenir, qui m'a fait relever la tête, et qui m'a fait admirer votre courage incroyable. Vous êtes merveilleux. Vous avez tenus, jusqu'à la fin. Je crois que je n'aurais jamais de plus belles preuves de la beauté humaine. Vous m'épatez carrément... j'en perds mes mots... mais je crois que rien... ne peut expliquer à quel point je suis amoureux de vous, fier, et heureux d'avoir vécu à vos côtés. Ce fût pour moi un cadeau de ouf, que de vous voir vibrer par notre musique, dans la plus belle des harmonies. Vous êtes harmonie. Vous êtes une musique... sublime. En dépit des épreuves de vos vies, mes chéris, vous avez plongés vos âmes dans la mienne. Aujourd'hui, je vais vous offrir l'immersion à la joie. Plus de peine, plus de cris, plus de douleurs. Plus rien de tout cela. Aujourd'hui, je vais vous offrir un ticket pour votre rêve. Je ne parle pas des rêves créés par le cerveau durant le sommeil. Je parle de ce qui va se passer, dans quelques instants. Je parle de votre mort. De l'image, du sentiment qui vous emportera. Si vous y croyez suffisamment fort, alors vous quitterez la Terre sans même toucher le sol. Vous quitterez la Terre en plein vol. Si vous y croyez suffisamment fort, alors le vent de votre esprit, vous emportera. »

Justin sourit. Gustav, quelque part au milieu d'eux, explosa de rire, suivit d'autres garçons. Karl croisa les bras sur sa poitrine, et Dominic remit en place ses cheveux. Ils étaient tous si uniques. C'était génial de les voir se rassembler là, songea Justin, en étirant ses muscles.
Il faisait chaud, mais il pleuvait. Le temps était étrange. Justin étudia la surface du toit du bâtiment sur lequel ils étaient montés. De haut, le gymnase semblait tout aussi impressionnant. Sous leurs pieds, des centaines de souvenirs. Les répétitions de musiques, les séances de sport, les rassemblements pour les discutions, les fous rires. Les câlins party, moment totalement délirants, absurdes, qui se terminaient souvent en bataille de ballons. Pendant une année, tout le monde avait grandi. Lui, surtout. Il avait réussi à être Caméléon. Cela avait été épuisant, et aujourd'hui, il était fier. Tous leurs sourires, tous les visages, leurs regards. Il les gardait dans son coeur, tous.
Une montre sonna. Puis toutes. Les adolescents levèrent leurs poignets, et chacun observa sa montre. Justin glissa ses doigts dans ses cheveux blonds, qui sous l'effet fixatif de l'eau, s'hérissèrent comme des pointes sur son crâne. Un petit groupe d'ado de neuvième se mirent à rire en le dévisageant, et il laissa un sourire moqueur glisser sur ses lèvres, puis il leva ses bras, et réclama le silence.
« Tous en liiiiigne! »
Les rires fusèrent, et les garçons, dociles, se placèrent en quelques instants, suivant le rebord du toit de béton. L'eau montait rapidement, et les semelles étaient déjà immergées. Mais, il y avait cette atmosphère ludique; comme si tout ceci n'était rien d'autre qu'un jeu. Un merveilleux jeu aux lubies d'Alice aux pays des Merveilles.
Justin tourna la tête. Etudia le premier garçon et lui sourit.
« Hans. »
D'un pas, il avança au second.
« Dominic. Jean. Pierre. Gunter. Georg. Frédéric. Ulrik. Guns. Aaron. Klaus. Nikolas. Chace. William. Maxime. Alexander. Alex. Vincent. Kristof. ...Tous. »




'' Sur les toits, il fait froid, calme. Et c’est silencieux. Le vent souffle. On a les yeux fermés, parce que c’est plus facile à supporter , aussi. Pour moi, ça m’aide a me concentrer sur …les instants a venir.
Comme une bougie soufflée, les dernières lueurs de la ville ne m’atteignent plus. Il fait juste trop froid, dans mon cœur, dans mon âme.
Curieusement, je remarque que c’est certainement dans ces moments là qu’on se sent vraiment vivant. Le froid, comme une morsure, mais douce, inévitable. Et puis, acceptée, au fond.
Les sensations. Tactiles. Le vent sur la peau, dans les cheveux, sous les vêtements flottants. Un frisson. Qui s’oublie tellement on savoure.
On peut. On peut ouvrir les yeux. Entendre la nuit qui vous parle, vous qui cette nuit êtes unique . Gouter au grelots faible des étoiles.
Ne pas les confondre avec les klaxons, les feux et les rumeurs lointaines, tout en bas, dans ce gouffre.
En bas des toits.
Je sais nos yeux vides. Tout, pour nous, nous est dérisoires. Insensé
Plus rien ne tombe. Ni neige, ni pluie, ni éclairs. Vide. Pas même les larmes, elles ne nous servent plus a rien , car il est trop tard pour reculer.
Ce n’est pas vraiment une fatalité. C’est trop pessimiste. Nous, nous sommes , nous serons libres. Bientôt.
C’est juste inévitable.
Un sourire. Tout le monde sourit. Nous levons, doucement, sous les étoiles, nos bras, entrelaçant nos doigts. Une chaîne. Que rien n’a jamais sut, ne pourra défaire.
Nous avançons.
Comme le dit le taoïste Lao-Tseu, un chemin de milles kilomètres commence par un pas. Pour nous, c’est ce pas le plus important.''

Pas vraiment ,Estéban. Nous voulions te dire quelque chose. Il n'y a pas de peur. Mourir ce n'est rien. Nous, nous avons des Rêves. Et surtout.
Nous mourons dans la passion.

Je sais que je suis en apesanteur. Tu ne sais pas qui je suis. Peut être, ne le suis-je déjà plus. J'ai simplement trouvé ton poème. J'ai reconnu ton écriture en le lisant. Je voulais te dire que je t'aimais, et merci de la part de tous de nous avoir côtoyés. Nous partons tous, un peu en avance. Ce sera à toi de nous rattraper. Mais pour cela, il faudra que le serpent accepte de se mordre lui même. Sinon, ça ne servira à rien.
C'est bizarre. Je suis toujours en apesanteur. Peut être le serais-je encore après? Peut être est ce déjà fini? Je ne sais pas. J'ai l'impression de pleurer. Oui. Je crois que c'est fini. Je crois que nous sommes partis. Donc c'est la fin. Alors, je vais te dire au revoir. Et puis, surtout.
N'aie jamais peur. On veille sur toi.

Tous.



Tous les corps, au pied de l'immeuble, s'étaient explosés sur le sol, sous la pluie battante.

La lumière.
Il faisait nuit. Je ne savais plus quelle heure il était. Juste, ces ténèbres sauvages, à travers mes larmes. Une foule, partout, qui m'empêchait de passer, silencieuse ou hurlante. Les contrastes de ce monde ne m'atteignaient plus. Je ne ressentais pas leurs détresse, car je en savais même pas pourquoi leurs larmes tombaient. Je ne voyais que ces bras qui me bloquaient le passage. Berlin rassemblé, en silence, et moi qui cherchait à comprendre. Je ne comprenais pas. Ils n'étaient pas chez Justin. Ils n'étaient nulle part. Ils avaient... disparus. J'avais couru dans la rue, sans comprendre. Non, rien, rien, je ne comprenais rien. J'étais con, je ne comprenais plus rien. J'avais couru à travers la pluie, j'avais couru. J'avais entendu la police, j'avais entendu les hurlements. Je traverserais cette foule qui me bloquait le passage. Je devais traverser, je devais voir, je devais comprendre. Je le savais, mais je n'avais pas compris. Je ne savais pas. Je voulais simplement... voir. Comprendre pourquoi ce vide s'était installé, silencieux et froid, dans ma tête. Pourquoi je frissonnais, pourquoi mon coeur s'était glacé. En effet, je ne comprenais plus rien. Je en supportais plus. Le vent claquait sur mon visage, et je frappais ceux qui me tirait vers l'arrière. Pardon, pardon... laissez moi passer. Combien étions nous? Combien d'imperméable, sous cette pluie, dans mes yeux, combien de silence, combien de silhouettes. J'avais froid. L'eau coulait sur mon corps, contre mes cheveux, collait mes vêtements, comme si eux même cherchaient à me préserver, à me retenir. Un cri de rage qui monta, dans ma gorge, et mon combat ne fût pas vain. Le dernier badaud s'écarta.

Et je vis.

Sourire. Ils souriaient, hein? Hein ils souriaient? Ils me regardaient tous en souriant. Ooooooh! Merci, merci! Je vous aimais! Merci de m'aimer ainsi. Justin, oh mon dieu, merci. J'avais eu si peur. Merci, merci, merci beaucoup!Oh quel soulagement! Mais tout allait bien. Tout était normal. Tout allait si bien!Merci!Tant mieux! Ils souriaient! Haha, ils me souriaient, à moi! Oui! Ils souriaient tous! Hahahahahahaha!!!
« Au secours! Je vous en prie! Ce garçon vient de s'évanouir! »
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Laïla Clennam
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Jeu 26 Mai - 20:14

J'adore! Surtout la partie "Amours... [...].Vous quitterez la Terre en plein vol. Si vous y croyez suffisamment fort, alors le vent de votre esprit, vous emportera."
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Lorcan Scamander
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Ven 27 Mai - 11:12

Merciiiiiiiiiiiiiiiii!!! ^^
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Callista E. Rosier
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Ven 27 Mai - 13:05

C'est sublime. Tu as une façon d'écrire... Oh, bordel j'en chiale! Tu fais passer tant d'émotion, tant de force dans ce que tu écris. C'est juste... Indescriptible tellement c'est beau.
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Lysander Scamander
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Ven 27 Mai - 18:00

Dans les vestiaires, je rangeais lentement mes affaires. Il faisait froid le matin, surtout ici. J'étendais mes bras. Minces, souples.
Je ravalais une réflexion acerbe puis sorti, la bandoulière de mon sac jeté en travers de mon épaule, tandis que mes doigts cherchaient mes cheveux afin de les attacher. Une main familière m'aida, puis Elyo déposa à son tour son sac. Nous nous étions fait la même coiffure. Je n'aimais plus trop la piscine. Un regard circulaire m'indiqua que les trois n'étaient pas là. Une espèce de boule de stress se fit sentir, douloureuse, dans mon ventre. Je sentais que quelque chose de mauvais allait arriver. Et ça puait le roussi. Je cherchais Elyo du regard, afin de le prévenir, mais il se dirigeait déjà vers les douche. Je l'imitais en silence, étudiant l'eau couler sur son corps. Il leva la tête, les yeux fermés, laissant ses cheveux se gorger d'eau. Des mèches noires se collèrent sur ses mâchoires et sa nuque. Mes yeux étudièrent son buste, ses bras, son corps, le comparant au mien. Je savais que certain duo comme nous se différenciait vraiment par leur poids ou leur taille, leur coupe de cheveux, n'importe quoi... Elyo et moi voulions rester identiques le plus longtemps possible. Elyo avait mon corps, j'avais le sien, nous étions sculptés comme l'autre.
Il ouvrit les yeux. La douche se stoppa, automatiquement. Des gouttes perlaient à ses cils, et il eut le réflexe de me chercher pendant une miliseconde. J'étais là, en face de toi. Toujours là.
Il me sourit.

Dans la grande salle regroupant les deux bassins, Elyo s'éloigna. Nous avions nos petits rituels ici. Il fonçait dans le grand bassin se défoncer à l'eau, et moi, j'allais d'abord barboter dans le petit bassin avec les gamins.
Il y avait énormément de monde, aujourd'hui. C'était presque grouillant. Je rentrais dans le petit bassin, m'immergeant lentement. Mes yeux se posèrent sur des enfants jouant. J'eus soudain un sursaut. Merde! Si les trois étaient là, je ferais mieux de foncer vers Elyo pour éviter tout problème.
Je bondis hors de l'eau, ruisselant. Mes yeux cherchèrent mon jumeau. Il émergea la tête de l'eau, prenant son souffle, à l'autre bout du bassin. Je m'approchais de la barrière, quand soudain un choc me fit chuter dans l'eau, violent. J'eus juste le temps d'aspirer de l'air, puis mon corps entra avec force en contact avec la nappe oppressante du liquide aqueux . Je rouvris les yeux; des milliards de bulles en suspension autour de moi. Puis je compris.
Un des terminales m'avait poussé dans l'eau. Ou plutôt s'était poussé dans l'eau, me maintenant serré entre ses bras. Un hurlement naquit de ma gorge, et je me mis à me débattre. Le mec poussa un grand coup dans le sol du bassin de plusieurs mètre, et nous remontions à la surface.
Crachant l'eau qui avait commencé à envahir mes poumons, je tentais de retrouver mes repères, quand deux autres paires de bras m'agrippèrent.
_Yo monsieur Spirtyan.
_Tu crois que c'est lequel?
_Ils sont tous les deux pareils!
Il y eut des rires mêlés aux clapotis des vagues, tandis que je me débattais. Autour de nous, personnes ne se rendait compte de la situation, les bassins bourrés de nageurs.
_Dis, mec...t'es vachement mignon!
Il tenta de m'envoyer un coup de poing dans le ventre mais Archimède m'aida en empêchant toute puissance musculaire. Je commençais à sentir le malaise. Ils me plaquèrent contre le bord de la piscine. Ils avaient le visage ruisselants et de grands sourires béats.
_T'es un p'tit pédé avec ton frangin...t'est travelo, c'est ça? Et t'envoies ton p'tit copain nous faire bobo?
Ils écrasèrent leurs genoux dans mon ventre. Là, ça fit mal.
_T'as un super corps de fille, darling!
Le plus grand fit quelque chose de dégueulasse. Mais vraiment répugnant. Sa langue glissa sur mon buste maintenu contre le bord par les deux autres.
_Ça t'excite, on continues? Demanda t'il en riant en glissant sa main sur mes côtes.
_Connard!
Ils me plaquèrent les bras contre la bras, douloureusement. Le plus grand se mit à rire ,imitant un comportement de gay vulgaire. Je repliais mes jambes et avec forces, les propulsaient dans son ventre. Il ne fut éjecté que de quelques centimètres mais cela le déstabilisa suffisamment pour qu'il perde son sourire.
_Sale petit minus de pédé.
Il attrapa mon crâne et avec violence me plongea sous l'eau. Je n'avais pas eu le temps de prendre ma respiration, et j'étais incapable de rester en apnée. Ils enfoncèrent soudain tous en même temps. Mes ongles vinrent déchirer leur poignets et ils s'agitèrent eux aussi. Mes oreilles se mirent à bourdonner. Je refusais de fermer les yeux. Il frappait fort sur ma tête.
Elyo agit comme un requin. Je sentis la pression sur mon crâne se relâcher lentement, puis je fus totalement libre. Mon instinct de survie reprit le dessus et je remontais à la surface, les poumons en feu. Elyo avait attrapé le plus grand et lui avait retourner les articulations, les dents mordant profondément entre la gorge et la clavicule. J'attrapais le plus gros, tentant d'immobiliser ses poignets. Certes ils étaient plus grand, plus lourds, mais nous avions l'avantage de savoir parfaitement nager. Et Elyo mettait toutes les chances de son cotés.
Il y eut des cris autour de nous, tandis qu'Elyo se retrouvait aux prise avec les deux autres. Le gros lard refusais de se laisser faire. Pas très malin; je lui écrasais les couilles. Des nageurs se mirent à nous observer, ahuris.
Elyo et les deux salopards de terminales disparurent soudain dans un énorme glouglou à la surface. Je lâchais mon adversaire,totalement paniqué. Ce dernier s'enfuit, tandis que je plongeais sous l'eau. Malgré les troubles de ma vision, je distinguais la scène: Elyo avait attrapé les deux bras du plus grand, et les tiraient en arrière, un genoux posé sur son échine lui arrachant un gémissement silencieux à jamais, tandis que l'autre taré tentait d'arracher son ami de la souffrance que provoquait Elyo, mais il semblait tirer sur un fétu de paille . Ils s'enfonçaient peu à peu sous l'eau , dans une tempête de bulles infranchissables. Elyo sous l'eau, torturant.
.Il y eut un énorme bruit sourd quand le corps du maitre nageur traversa l'eau à coté de moi, plongeant jusqu'aux trois belligérants. Tout se passa très vite. Puis Elyo remonta à la surface. La scène me rappelait...Die Welle, le film...
_Tu es un pauvre malade, taré! Hurlait le terminale, tandis que l'autre, gémissant, était aidé du maitre nageur, sortait de l'eau sous le silence le plus total.
Elyo attrapa les mèches qui lui tombaient devant les yeux, me cherchant. Je le rejoins, l'aidant à sortir aussi. De l'eau coulait sur son visage, partout, et ses cheveux noirs étaient répandus en serpents plats et sombres. Ses yeux étaient cerclés de rouges, et ses mains étaient griffées. Je soupirais, tandis qu'il crachait de l'eau.
_Tu es un malade.
_Comme si j'allais les laisser tranquilles après ça.
Il posa sa main sur mon buste, tranquillement comme si rien ne s'était passé, comme s'il cherchait à essuyer le contact du mec. Je souris en m'asseyant sur le bord.
_Bah, en tous cas...
Je ne sais plus trop ce que je voulais dire, la puissance de la haine d'Elyo me revenant en tête. Un Elyo dangereux. Torturant sous l'eau. Danger.
_Merci.
_Pas de quoi. Tu sais très bien que je t'aiderais toujours.
Incroyablement garçon.
Mes larmes se mirent à couler.
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Ven 27 Mai - 19:21

Merci beaucoup Calli
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Lun 30 Mai - 20:24

Mes yeux s'ouvrirent. J'avais l'air de « I'm a single lady » dans la tête. C'était étrange... et comique. Maé marchait en silence près de nous. Mes souvenirs s'élevaient, comme la respiration de Willan à mes côtés.
Handschrift... Julien... Estéban, Karl, Stefan, Gustav... Tous ces garçons qui étaient morts, et qui s'étaient aimés jusqu'au dernier soupir. J'étais bouleversé par cette émotion qui me prenait à la gorge, comme une main stranguleuse, et qui refusait de me lâcher. Encore une fois, j'avais l'impression d'avoir raté quelque chose. D'être engagé sur quelque chose que je ne parvenais pas à gérer. Pour commencer, le temps. Quel jour était-il? Quelle heure? Mes pas allongeaient les secondes, les écrasant sur l'herbe ondulante.
Willan nous fit signe de nous arrêter. Maé releva sa truffe sèche, et jeta un bref coup d'oeil à mon frère, qui, étrangement, plia ses genoux, et se laissa lentement tomber au sol, la main toujours levée. Je l'imitais, sans comprendre, puis mes yeux accrochèrent le détail qui poussait Willan à cette gestuelle. Nous étions montés sur une colline à relief doux. Si doux que je ne m'étais même pas rendu compte que nous nous élevions durant la marche. Ah ouais, vampire, tu parles! Willan se coucha en désignant ce détail: le premier signe de vie humain depuis longtemps.
Une silhouette bipède, sous le soleil, traversait la vallée, encapuchonnée sous ce soleil de plomb. Mes sourcils se froncèrent, et Willan chercha brièvement mon regard, tandis que le corps de Morgwen/Maé frémissait. D'excitation, de peur? Je n'osais lui demander, de peur que ma voix ne portât, et que tout là bas, cet individu nous surprenne. Que devions nous faire? Attendre? Il était certainement la seule once de vie dans ce paysage aux abords enchanteurs, mais finalement cauchemardesque de par son silence et son absence de vie. Willan hésitait autant que moi. Si nous continuiions d'attendre ainsi, le type disparaitrait certainement. Je plongeais mes yeux sur Will, décidé.
« Traquons le. »
Ma voix avait été murmure, et j'eus l'impression que le vent s'était pourtant tu, comme pour me trahir. Quelle horrible sensation de malaise face à cette apparition. Willan lorgna la silhouette au loin, et hocha la tête.
« Tu es le plus rapide. Fonce en premier, je suivrais avec Maé. »
« Je ne sais pas si c'est une excellente idée. »
« Moi non plus... mais ce sera toujours mieux que de foncer en frontal sur lui. Si on se divise, on aura certainement plus de chance de découvrir ce qu'est ce type, et ce qu'il manigance. »
« Tu crois que ça pourrait être Thanel? »
Maé pointa ses oreilles, curieux. Je l'ignorais, bien que je savais pertinnement qu'il ne sache pas qui était Thanel. Peut être lui en avions nous parlés, déjà? Je ne savais plus.
« Bref. Bon... j'y vais... »
Willan ne me regardait pas, mais hocha la tête, et pinça légèrement les lèvres. Ce minuscule mimique me fit du bien, et je détendis mes muscles, commençant à contourner la colline. Mon corps colla à l'herbe, et le relief se franchit sans difficulté. Bientôt, je ne vis plus le corps de mes deux compagnons, et j'étais descendu jusqu'à dans la vallée. La silhouette était lointaine, toujours en marche, se dirigeant vers l'ouest. Mes yeux se plissèrent, et je levais mes doigts jusqu'à mes cheveux. L'élastique de secours que j'accrochais toujours à mon poignet s'y trouvait, - Ô bonheur -, et je le claquais fortement, retenant en une seule et lourde natte mes cheveux, qui vinrent frapper mon échine. Je pris une profonde inspiration, puis me mit à trottiner. Peu à peu, je sentis mon coeur s'adapter au rythme de l'effort que je devais, que je commençais à fournir. Peut être derrière moi Willan et Maé me fixaient ils? Je me penchais en avant, et accélerais mes foulées, qui en quelques secondes devinrent beaucoup plus puissantes et rapides. Je me plongeais dans l'ombre de la vallée, filant comme le vent, sentant la chaleur se répandre dans mon corps, mes coudes effleurant à coup successifs mes flancs. La distance entre l'individu et moi fut rapidement franchie. Sérieux? Je devais avoir mis trente secondes pour courir deux kilomètres. J'étais impressionné par mon corps. Et encore... j'avais l'étrange sentiments de n'avoir pas tout donné. Je bondis presque au sol, mes mains se plaquant au sol, dans la torsion de mon bassin pour stopper ma course. Mes genoux heurtèrent le sol, et tapi dans l'ombre, je guettais l'homme. De près, (à peine une centaine de mètre), il était beaucoup plus grand qu'un humain. Je retins un sifflement. L'image d'un Lumanor venait de s'imposer à mon esprit. Mais cela me semblait impossible. Mes yeux balayaient la carcasse efflanquée. Déjà... pourquoi marchait elle ici? Notre trio, nous errait. Nous ne savions pas où nous étions. Mais cela me semblait improbable que cet individu soit là, lui aussi perdu. Je penchais légèrement la tête, pensif, quand soudain, quelque chose d'incroyable arriva. Avec ironie, j'eus une brève pensée. Enfin, qu'est ce qui pouvait être plus incroyable que toute cette histoire de fou? Un ricanement failli me prendre, mais mes canines se plongèrent avec force dans ma langue. EJ devais rester discret. Le type n'avait qu'à se retourner, et avec un peu de concentration, il m'apercevrait obligatoirement.
Une oeuf, énorme, blanc, sortit du sol, sans un bruit, sans une fissure. Comme si le sol sous mes pieds était un liquide aqueux, et que le sommet blanc de l'incroyable apparition perçait la surface. Un oeuf. Enorme. Génial.
Je sentais dans ma poitrine le sentiment de frustration de Willan. Le voyait il? Ce mehnir parfait sortit du sol, ou de la pensée? Le soleil frappa la coquille à la blancheur pure, et se repercuta sur mes pupilles, m'aveuglant.
« Elyo? »
L'individu s'était tourné vers moi. Pire. Lorsque mes yeux retrouvèrent, quelques secondes plus tard, leur utilité, je notais avec horreur que son visage m'était horriblement familier. Une peau grise, une lèvre verte... un motif circulaire, sur le front... comme deux croissants de lune, s'opposant, et entre leur mâchoire circulaire, un cercle parfait.
Ses yeux étaient rivés sur les miens. Je ne savais que ressentir... peur, effroi, angoisse, stupéfaction... je ne parvenais pas à mettre de mot sur cet unique sentiment qui habitait mes entrailles. Pourtant, le visage de l'être, sous la capuche crééait en moi un bouleversement terrible.
« Viens. »
Teufel. Le Teufel remontait lentement la route.... cette première phrase d'Entrelacs s'imposait avec une douceur presque maternelle à mon esprit. Sans aucune violence, je fis la connection logique entre la créature de mon imagination et celle qui se tenait en face de moi. Mon coeur loupa un battement.
« Ce... ce n'est pas moi. »
J'avais envie de pleurer. Teufel, démon, en allemand. Loin de Thomas, cette créature était, dans mon roman, plus puissante que Dieu lui même. Dieu étant Thanel. Thanel était la méchanceté, et le Démon étant... étant la bienveillance. L'amour. Qu'il devait offrir au personnage de mon livre. Aps à moi. Il se trompait de personne. Et cela me désolait.
« Elyo... »
Mon prénom était prononcé par ses lèvres avec tellement de douceur que mes nerfs craquèrent. Ma vue se brouilla. Avais-je... dieu face à moi? Avais la sur-puissance face à moi? C'était... dingue. Dingue. Totalement. Je n'arrivais pas à m''en remettre.
L'être tendit ses bras. Je n'avais plus qu'une envie, me précipiter contre son corps de bienfaisance et de douceur. Mais je ne parvenais plus à bouger, cloué sur place. Alors, il vint à moi, et je sentis ses muscles se resserer contre mon corps. Je sentis les bras, aussi tendres que ceux d'une mère se fermer sur moi. Je sentis alors ma mère. Pas Annah. Ma mère. Celle qui m'avait accouché.
« Oh mon dieu... »
« Elyo... mon tout petit... je te retrouve. »
Je ne savais plus qui parlait. Je ne voulais plus savoir. J'étais dans les bras de ma mère. J'étais... tellement heureux.
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Lorcan Scamander
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Mar 14 Juin - 9:45

Synopsis.

Elyo et Willan Spirtyan sont des jumeaux d'origine indienne, adoptés par une jeune femme française. Surdoués, on a diagnostiqués leurs quotients intellectuels supérieurs à la moyenne dès leurs sept ans. Provoquant, ils vont jouer de leur particularité physique dès l'adolescence: ils sont parfaitement androgynes, et s'affichent souvent de manière excentrique.
Elyo est l'ainé des deux, et le principal héros de ce premier tome. Il est rieur, fonceur, et doué d'une imagination sans bornes.
Willan est le petit frère calme, réfléchi, très cultivé qui se retrouve souvent en tête de classe.
Tous deux ne sont pas vraiment le typique parfait des petits singes savants; leur précocité dévellopant chez eux, surtout, une vue du monde différente des autres adolescents, ils considèrent qu'ils sont plus avancés que certains adultes, et malgré leurs comportements parfois immature, ils sont incroyablement attachés à leurs reconnaissance sociale.

Gaelig Mindsedge, alias Gaël est un petit génie aux talents meurtriers. Son physique est singulier: peau très pâle, cheveux noir, androgynie à peine camouflée, et des cheveux rouge vif, qui lui confère la spécialité d'effrayer les autres. Victime d'une tentative d'inceste à ses quatorze ans, il tue sa famille, et parvient à camoufler son meurtre avec l'aide d'une intelligence artificielle nommée Thanel, qui le conseille dans chacun de ses actes et choix. Le garçon fuit son Angleterre natale, pour se réfugier en France, où il fait la rencontre des jumeaux, dont il va s'enticher avec lenteur.
Prodige, extrêment intelligent, il maitrise plusieurs langues, connait l'anatomie humaine par coeur, et manie les armes blanches avec dextérité, car bien souvent objets fétiches lorsqu'il décide de tuer un homme. Légèrement schizophrène, il ne ressent que peu d'émotion pour le monde qui l'entoure, refusant au début l'amitié des garçons Spirtyan. Il va évoluer vers une facette de tueur rongé par le remords, incapable de se libérer de sa conscience, cherchant à s'identifier dans un personnage portant le même nom que lui, afin de s'effacer d'un monde trop cruel pour l'accueillir.



1.Elyo et Willan sont dans la chambre. Elyo, passionné d'écriture, propose à Willan la continuité d'une rédaction en pleine vacance scolaire. Willan refuse, décidé à profiter de ses congés. Elyo continue seul la rédaction, veillant tard le soir. Il s'endort sur le récit d'un personnage portant son nom et ses traits, dont les aventures se déroulent dans la même ville que le narrataire. Le rêve se mêle à la réalité, emportant Elyo dans une étrange aventure de regroupement de jeunes venus des quatre coins de la planète, dans un énorme château, en Brocéliande.


2.Présentation de Thomas Teufel, informaticien allemand solitaire, surdoué lui aussi, qui va devenir un personnage de second plan, avec une certaine importance dans la suite de l'histoire.


3.Elyo se réveille sonné, avec l'étrange impression qu'au milieu de ce songe absurde, d'avoir tiré certains éléments prémonitoires. Dans son rêve, en effet, il rencontre un certain androgyne aux longs cheveux rouges, qui ne se nomme pas. Elyo se lève pour accompagner son frère et sa mère adoptive dans un marché aux puces. Là-bas, il va déserter la présence de sa mère, avec la complicité de Willan et vont sillonner la ville, avant de rentrer dans une ruelle sombre. Ils vont tomber dans une plaque d'égout, frappée aux effigies de la Reine Victoria. Quand Elyo se réveille, seul sous terre, il découvre avec stupeur que des créatures imaginaires s'y trouvent, comme le Cerbère. Il fuit avant de se faire assommer et ligoté. Willan se réveille lui menoté, face à un homme qui se présente comme étant Thomas Teufel. L'épisode est court, permettant juste à Thomas de se présenter aux jumeaux, et eux de découvrir qu'un étrange serpent géant « veille » sur eux, du nom d'Ananta, la divinité hindoue de l'infini.

4.Elyo et Willan découvre le lendemain qu'un étrange tatouage est apparu sur le corps de chacun d'eux: un serpent mouvant sur leur derme respectif. Ils décident de faire des recherches sur le serpent dans la mythologie et se rendent à la bibliothèque municipale. Willan y vole un livre à l'aspect trop étrange pour appartenir aux rayonnage.

5.Quelques jours s'écoulent sans que rien de nouveau ne se passe. Puis, un jour, Anna, la mère adoptive des jumeaux meurt dans un accident de circulation, tuée sur sa moto. Elyo et Willan, bouleversés, vont désormais habiter chez leur oncle et parent, un excentrique informaticien nommé Estéban, qui les accueille avec gentillesse et bonté, afin de les éduquer convenablement. Ils se font lentement à leur nouvelle vie, en attendant l'enterrement. Une fois face à la tombe de sa mère, Elyo jure d'accomplir son rêve; qu'il deviendra écrivain.

6.La rédaction d'Entrelacs commence. Sur le thème d'un héroic-fantasy, Elyo et Willan écrivent à eux deux un manuscrit, dans le livre volé à la médiathèque par Willan, l'histoire de personnages portant leurs noms, leurs physiques.

7. ENTRELACS. Elyo et Willan, jumeaux de 13 ans, se découvrent des dons surnaturels. Elyo maitrise les ombres et Willan le feu et la chaleur. Leur père, Karly Spirtyan, un savant fou, se révèle être un des cerveaux d'une organisation secrète dont le but est de créer l'humain supérieur, ou du moins, selon la version officielle. Il ordonne à ses fils de s'entrainer chaque jour à devenir plus forts, jusqu'à ce qu'ils rencontrent trois autre adolescents comme eux, dotés de pouvoir. Iudhael, Bleue, et Fline vont donc se joindre à leur quête. Là, Elyo va découvrir des vérités terribles, comme quoi il est créé de toute part par son père, et on le manipule depuis le début. Il découvre qu'un Dieu, nommé Thanel, contrôle le monde, et maitrise chaque homme depuis la création des temps. Elyo va se rebeller, et en punition, va subir une immortalité capricieuse; devenu Roi, il va devoir affronter des guerres, des complots, où il sait qu'il ne peut échapper, car même s'il se fait tuer, sa vie reprend depuis le début. Le livre s'achève sur la guerre entre les deux principaux continents du monde.

8.Elyo et Willan s'enfonce inexplicablement dans une déprime, à force d'écrire Entrelacs. Elyo en particulier, est bouleversé de se découvrir homosexuel; cela le perturbe énormément et il sent que cela dérange Willan. Il va chercher à se taire sur son attirance grandissante pour les garçons. Entre temps, ils découvrent avec horreur qu'un de leur personnage principaux, Gaël Mindsedge, un adolescent de seize ans, tueur, schizophrène et particulièrement doué pour les couteaux, semble être apparu dans leur monde: aux infos ils entendent parler d'une tentative de suicide dont la victime, un jeune ado de 14 ans, se nommerait Gaël Mindsedge. Ils vont effectuer des recherches afin de chasser leurs troubles, mais en vain.

9.La rentrée de septembre à lieu: les jumeaux redoublent dans un nouveau collège qui leur ouvre amicalement ses portes. Du moins, pendant quelques heures, car un nouveau, comme eux, fait son entrée en classe. Horrifiés, Elyo et Willan reconnaissent le jeune Gaël Mindsedge, copie conforme de leur personnage tueur.

10.Elyo et Willan vont chercher à faire la connaissance de ce garçon qui vient en classe avec son ordinateur, qui parle anglais et qui possède ces étranges cheveux rouges vifs.

11.Elyo après avoir quelques peu échangé avec Gaël lui propose d'écrire en collaboration avec lui. Gaël accepte, et le nouveau roman débute.

12.Handschrift, de l'allemand « manuscrit ». L'histoire relate d'un adolescent de seize ans, à notre époque, en Allemagne, à Berlin, qui va lentement créer un cercle très ouvert, dont les membres charmés, le rejoignent les uns après les autres, dont le but final est un suicide collectif, et le tout formant une chaine sur plusieurs génération. Un cercle du suicide.

13.Gaël va lentement s'ouvrir aux jumeaux, leur révélant qu'il est un sérial-killer: son répertoire de crime s'élève à une quinzaine de personne, dont les premières victimes furent ses parents: personnes détestables ne lui ayant jamais montré quelques signes d'amour. Les jumeaux vont lui recommander un psy, une jeune femme nommée Henriette, qui préfère qu'on la connaisse sous le pseudonyme d'Henry. Il va ainsi leur apprendre à Henry et aux jumeaux qu'il est aidé par Thanel, une créature humanoide, ne dévoilant jamais son visage, toujours encapuchonnée, et visible uniquement par l'écran d'ordinateur de Gaël, ou bien l'écran de son portable. La thérapie commence en secret, Henry et les jumeaux désormais complices d'un psychopathe.

14.Quelques temps plus tard, Willan demande à Elyo de reprendre la rédaction d'Entrelacs. Elyo refuse, évoquant des problèmes d'inspiration. Ils se disputent, et Elyo sort dehors. Il se fait kidnapper par un jeune homme blond qui se révèle être lui un vrai personnage d'Entrelacs, contrairement à Gaël qui lui possède sa vraie vie. Iudhael le conduit dans un endroit désertique, où Elyo va rester de longs moment, à méditer sur sa vie. Il va se rappeller, comment surdoué, il refuse d'apprendre le français, refuse de se faire nommer Elyo, refuse de nommer son jumeau autrement que Chintamani. Chintamani et Akash sont leurs noms d'origine, en vue de leur nationalité indienne. Il va se rappeller comment les enfants de primaire vont se moquer de lui, à cause de son corps de fille, comment il va comprendre qu'il a été adopté, la détresse qu'il a ressenti de n'avoir aucun parents... il va se souvenir comment vers ses 13 ans, il exhibe son corps androgyne, faisant pousser ses cheveux et portant des tenues très collante et presque féminines. Les raisons de son redoublement; ses échecs scolaires, en contraste à son intelligence surdéveloppée. La jalousie qu'il entretient, rivale, avec son frère jumeau, l'amour qu'il ressent pour lui, l'amitié qu'il veut absolument conserver avec Gaël, cette envie d'être différent, tout le temps.

15.Ananta, le serpent du début, prend possession de son corps, et informe Willan qu'ils sont censés tuer Gaël Mindsedge. Ananta redonne le corps à Elyo, et disparaît sans d'autres explications. Elyo est choqué par cette volonté morbide, et refuse.

16.Un mois plus tard, le trio s'évapore en plein milieu de la classe, devant les yeux ébahis de leurs camarades. Ils apparaissent dans un étrange endroit, où Thomas Teufel les accueille. Là, il leur ordonne de se rendre dans Entrelacs et d'y achever le récit.

17.Elyo, Willan et Gaël se retrouvent dans le livre, plongés dans l'univers fantastique d'une guerre prête à exploser. Elyo et willan vont se retrouver face à leurs personnages, de quelques années plus âgés qu'eux, mais portant le même visage, et partageant la même pensée. Après un lourd sentiment de tension, Elyo 1 et Elyo 2 vont devenir alliés, et Elyo 2 va raconter comment il ne cesse de revivre dès qu'il meurt, comment l'histoire recommence à chaque fois. De son côté, Gaël va découvrir l'existence du Gaël personnage, et va devenir obsédé à l'idée de lui ressembler. Ainsi, ne plus rien ressentir, ne plus avoir peur de la mort, ne plus éprouver de remords... Gaël cherche absoluemnt à devenir l'autre Gaël, afin de s'effacer, de s'oublier. Il tombe dans la schizophrénie.

18.Entrelacs s'achève dans le feu et le sang. Elyo conclu qu'ils peuvent tous voyager dans les univers parallèles, lui en particulier. Ils retournent tous les trois dans leur monde. Elyo et Willan reprennent une vie normale, achevant leur troisième, et Gaël disparait.


Fin du premier tome...

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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Mar 14 Juin - 15:13

Tu sais que les deux premiers extraits sont mes passages préférés ? ^^
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MessageSujet: Re: Extraits EH! :D   Lun 20 Juin - 18:10

Nantes sous la pluie... c'était vraiment pas cool, selon Fred. Nous marchions, tous les huit, sous un ciel aux reflets métalliques, avenue des cinquante otages. Mes otages, je les traînaient derrière moi, songeais-je en tournant mon visage vers Elyo, Willan deux et Gaël. Les deux premiers portaient des vêtements « normaux » et les voir sous la capuche me faisait étrange, comme impression. Mon personnage, Elyo, releva son regard du trottoir, et son regard vert plongea sur le mien. JE me retournais, enfournant mes mains dans les poches.
« Là, un pub! »
Il était bientôt vingt et une heure.Nous avions discutés en marchant, mais piégés par la pluie, avions décidé d'aller nous abriter dans un bar ou quelque chose du genre. J'ouvrais la porte; et tout le monde rentra en vitesse. JE tenais la porte à Kiara, la dernière, qui faisait une drôle de tête. Interrogateur, je cherchais son regard.
« Euh, Elyo, je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne idée de... »
« Bon, vous rentrez oui!? »
Pierre avait hurlé ça, de l'intérieur. Kiara entra en se protégeant la tête de la pluie, et refermant la porte, je me retrouva plongé dans une ambiance... tamisée?
Un hall étrange, pour un bar... très chic. Notre petit groupe s'entre-regarda, et nous poussâmes la porte du hall, d'où montaient les vibrations pulsée d'une musique au volume maximum. Mes yeux furent aveuglés par la lumière négative qui rayonnait de partout. Merde... où étions nous entrés?
Les deux Stapaphiliums étaient bouche bée, à fixer ce qui se révélaient les locaux d'une boite de nuit. J'étais stupéfait. Il n'y avait pas eu de videur, à l'entrée, pourtant? Willan, ahuri, explosa de rire, franchement déconcerté, Pierre et Fred exultant.
« Mais trop classe, quoi! »
« On est venus ici, enfin, on était censé trouver un endroit calme pour discuter! »
« On va discuter autour d'un verre! JE vais chercher des boissons, installez vous les mecs! »
Pierre et Fred plongèrent dans la foule humaine qui à cette heure là, n'étaient pas encore trop vaste. Je cherchais des yeux une table vide, ce qui fut rapide, et forçais les autres à me suivre.
Kiara attendit que les verres soient posés devant nous, et que bien évidemment, les extraterrestes de Straelitzie soient tout à fait amoureux de l'alcool léger pour annoncer l'horreur. Elle se pencha vers moi, et je jetais une brève, très brève seconde, mon regard sur son décolleté vertigineux.
« Gay-pub, abruti. »
Je me redressais d'un coup. Déjà vingt et une heure trente. LA boite se remplissait lentement. Merde! Comment avais-je fais pour ne pas remarquer? Où que se porte mon regard, Kiara était le seul individu féminin. Je me mordis les lèvres. Mon frère ricana.
« J'ai remarqué avant toi. »
« On fait quoi? On sort? »
Les extraterrestres, qui n'avaient pas suivis, raidirent l'échine violemment.
« Certainement pas! Il y a... de la danse, à boire, et une ambiance festive. JE reste ici. Will pareil. »
Les jumeaux croisèrent les bras, obstinés. Je jetais un regard à Willan, réclamant son aide, mais comme par hasard, il s'était lancé dans une grande discussion avec un Gaël à demi souriant. Pierre et Fred vidaient leur verre, et Kiara, mal à l'aise, ne savaient pas où poser son regard.
Les hommes, de tout âge, entraient, dans des tenues juste alléchantes, et je sentais le besoin, bientôt vital, de les admirer, tous. Mon regard s'aimantait aux corps robustes, aux pantalons serrés, aux T-shirt moulants. Je m'enfonçais dans mon siège, et rejetant mes cheveux derrière mes épaules, marmonna:
- Finalement, c'est très bien ici, tu ne trouve pas, Kiara?
- Evidemment!
Son ironie me fit sourire, et je récupérais le verre d'alcool que Fred n'avait pas encore touché. Je sentis le regard de mes compagnons se poser sur moi, mais je bus tranquillement, un sourire sur mes lèvres. J'étais gay, j'étais dans un club gay, et j'avais Gaël à côté de moi. La soirée s'annonçait bien.

Les heures défilèrent rapidement. Elyo vidaient les verres de plus en plus vite, et les Stapaphiliums découvraient les effets hallucinatoires de l'alcool. Willan était déjà allé vomir une fois ou deux, et j'avais tenu sur mes genoux son chaton blond, attendant qu'il se remette. Kiara et Gaël restaient immobiles, leurs yeux dérivant parfois sur un Elyo de plus en plus souriant, qui commençait à bouillir. Maé caressait Solémio, sans s'en rendre compte, avec de plus en plus de force, terrifié sur la banquette que ej partageais avec lui. Les gays s'étalaient maintenant sur la piste de danse. Il y avait un DJ, qui rythmait avec talent la soirée. Il avait commencé par des thèmes légers, mais la chaleur montait de plus en plus, tandis que l'aiguille se rapprochait de minuit. Kiara s'assit à côté de moi, et prit ma main, réclamant mon attention. Elle l'avait totalement à sa disposition!
- Elyo à l'air de s'éclater.
- N'est-ce pas? Je ne l'ai jamais vu boire comme ça.
- Il est en train de devenir ivre.
- Peut être. JE veux voir ce qu'il a dans la tête.
- Pardon?
- Il va faire son intéressant à tous les coups.
Kiara posa sa main sur ma hanche, et je la sentis retirer mon portable de ma poche. Il vibrait, dès l'instant où elle l'ouvrit.
« Mr Durial. C'est Kiara, je suis avec Will et Elyo, et deux, trois amis, dans une boite. On va rester certainement jusqu'à un peu plus tard. On s'amuse très bien, et... oui, ne vous inquiétez pas, je veille à ce qu'ils rentrent entier. Au revoir. »
Elle coupa la conversation et éteint mon portable, qu'elle me tendit. Je lui souris, et bu à mon tour un verre qui, mauvaise pioche, se révélait un shooter. Oups. J'avais une assez bonne résistance, et aucune émotion ne vint troubler l'impassibilité de mon visage. Kiara explosa de rire, et bloquant mes poignets, m'embrassa avec douceur. Très intéressés, les Stapaphiliums sifflèrent, et Fred, out, leva son pouce en signe de victoire. Gaël tourna ses yeux d'encre vers nous, et sembla pâlir. Malgré les lèvres de Kiara, je souris doucement, mes doigts s'égarant sur la nuque gracile de la demoiselle.
Un poing s'aplatit sur notre table, et Kiara se recula vivement, surprise comme nous tous. JE dévisageais un mec blond, au visage strict, mais au sourire en coin.
« Oh, je vous en prie, continuez. Je ne voulais pas vous déranger, désolé... Seulement, vous proposer un truc. »
Son regard clair passa sur nos visage à tous, en particulier les garçons, en particulier les quatre semblables.
- Euh, double jumeaux?
- D'une certaine façon, mon beau, répondit Elyo, le menton dans la main, les yeux rêveurs.
Le type remarqua très vite que c'était mon frère le plus intéressé. Il glissa ses doigts dans ses cheveux blonds, et regarda Elyo, un mince sourire sur les lèvres.
- Je peux vous demander votre âge? Vous croyez avoir le droit d'être ici?
- On a tous les droits... , lança farouchement Elyo-Roi.
- Je vois. J'ai donc un truc à vous proposer... cinquantes balles... pour le chanceux qui nous montre comment il danse. LA piste est libre... et c'est l'ordre du Boss.
Le mec blond, sans même se retourner, désigna du pouce une table, légèrement surelevée par rapport aux autres. Entouré d'hommes en costumes, il s'agissait d'un black aux cheveux teints en blond, et aux yeux bleus. Bug génétique? En tous cas, les yeux ronds, j'admirais sa sculpture de fauve: il arborait sous ses vêtements de cuir ouverts des muscles et des courbes masculines indéniables. Je plongeais mon regard sur Elyo qui porta à ses lèvres le bord de son verre. Ses yeux verts étaient rivés vers le black. A quoi songeait il? Je penchais légèrement ma tête, pour parler, mais mon jumeau reposa son verre avec un claquement sonore.
- Garde ton argent, chéri, on va faire le spectacle pour Monsieur. Gaël?
- Je le savais..., murmura l'anglais en se redressant lentement.
Elyo sourit tranquillement, et enleva sa veste. Le blond resta une seconde immobile, puis remit les billets dans sa poche. Pierre, Maé et Fred eurent une expression incroyablement déçu. Je portais le verre à ma bouche, prêt à admirer ce qu'allait nous offrir mon frère et Gaël.

La piste de danse se dégagea autour d'eux, très légèrement. Je vis que le « Boss » ne regardait pas le couple qui venait d'arriver au milieu des autres. Le DJ avait changé de musique, presque en même temps que Gaël et Elyo montaient. Elyo discuta une seconde à Gaël, qui haussa les épaules, approuvant certainement. Elyo explosa de rire, et laissa Gaël s'approcher de lui. Je vis les mains de l'anglais se poser sur les hanches de mon frère, et Gaël commença à se déhancher, lentement, suivant le rythme de la musique. Elyo souriait encore, et suivit à son tour le tempo, se retournant, se mettant de dos contre Gaël, le visage de ce dernier au dessus de son épaule. Ils entendirent tous la musique monter de quelques degrés, et les danseurs de partout se lâcher de plus en plus. Mais je ne quittais pas des yeux Elyo et Gaël. Deux jeunes hommes vinrent s'asseoir face à Elyo-Roi et Maé, leur proposant un verre, les draguant ouvertement. LE petit Maé ricana nerveusement, et accepta, mais Elyo-Roi, plus dubitatif, congédia avec classe le jeune homme d'une vingtaine d'année, sous les rires de Kiara.
Elyo et Gaël dansaient avec vigueur, n'osant se toucher, je le devinais. Pourtant, leurs gestes étaient de plus en plus provoquant, et leurs regards accrochés ne laissaient pas le moindre doute sur ce qu'ils pensaient mutuellement. Quoique. Mon frère était un veritable fauve en puissance qui ondulait entre les anneaux de Gaël, la chaleur montant peu à peu dans la salle. Les danseurs, autour d'eux, s'étaient stoppés, ressentant cet étrange arôme enivrant se dégageant de leurs corps presque enlacés. Aucun couple autour ne pouvait les imiter. Ils étaient incroyablement accordés dans leurs danses, me surprenant, nous surprenant tous de leurs talents de danseurs. Gaël, encore, peut être... Mais où Elyo avait il apprit à danser ainsi? J'entendis des mecs de quinze ans plus vieux que moi murmurer à propos de « l'affriolant petit cul » d'Elyo. D’autres s'étaient rassis, et buvaient leurs saoul en bavant presque sur le duo désormais au centre des attentions de ces danseurs de la nuit. Gaël avait glissé ses mains sous le haut d'Elyo, et leurs bassins et leurs ventres étaient ondulants dans le même rythme ostentatoire. J'avais la gorge sèche, et malgré toute ma conscience, mon hétérosexualité assurée, ou presque, du moins le désir que ej ressentais envers Kiara, je ne pouvais m'empêcher de sentir une rougeur monter à mes joues. Ils exhibaient une aura de séduction très hot, laissant la chaleur de leur danse provocante et sensuelle dégager un magnétisme quasi animal, forçant les regards à se tourner vers eux, à les dévorer des yeux, et à faire monter le long des dos un frisson de plaisir érotique. Deux jeunes androgynes s'offrant aux fantasmes de tous, dansant collés ensemble, leurs cheveux mêlés dans la même odeur de sueur et d'envie. Gaël avaient les yeux fermés, ses mains remontant lentement le T-shirt d'Elyo, pour faire admirer à tous, sur un rythme cruellement lent, le torse métis du brun. Mon frère tenait entre ses doigts les hanches de Gaël, sur la musique haletante d'un DJ lancé à fond sur le show des deux adolescents.
Et je vis le Boss se lever.
Comme un fauve qui se dresse avec une lenteur calme, pour s'approcher de sa proie, il foula avec majesté la piste de danse, les hommes s'écartant devant lui, hésitant entre le regarder ou bien les deux jeunes toujours aussi grisants. Pour moi, c'était comme si le temps s'était arrêté. Mon cerveau lancé sur un mécanisme de réflexion et de déduction, je savais que ce qui m'avait semblé chaud comme comportement n'était que les préliminaires d'une soirée trash.
Il était grand, aussi grand que sa proie potentielle, et le regard qu'il portait sur Elyo était le même que celui d'un gosse face à une sucrerie irresistible. Ses prunelles bleues, incompatibles avec sa peau de jais, étaient dévorées par une faim ardente, et chaque pas semblait faire bouillonner un peu plus l'excitation qui faisait frissonner ses muscles d'acier. Un fauve qui foule ses terres, avec une envie si profonde que la moitié des gays quittèrent le plateau de danse pour lui laisser de l'air, et potentiellement, terrain libre face aux deux adolescents. Il s'approcha très près, et sans même briser l'harmonie érotique d'Elyo et de Gaël, se mêla à eux, lentement. Sa main glissa le long du corps de Gaël, et il se plaça comme un mur de chaire entre eux, imposant un rythme encore plus sauvage, encore plus animal. Un félin face au serpent... Gaël qui était le dominant avec Elyo, perdit ce rôle, et plaça ses main dans le creux des reins du grand noir. Une danse à trois... mais je voyais bien que le lion était surtout intéressé par la panthère noire.
Mon jumeau s'offrait totalement aux caresses de black, comme si pas un seul instant sa danse ne s'était terminée. Ça s'éternisait, et pourtant, l'arrivé du Noir avait, si possible, fait exploser les thermomètres. Le haut de Gaël avait été ôté par on ne sait quelle main baladeuse, et les cheveux sanglant fouettaient l'air, son corps androgyne pliant et dépliant comme le serpent qu'il était, sa peau blanche contre le cuir noir du black. Ce dernier avait calé Elyo entre ses cuisses, et semblait presque l'embrasser sur la joue. JE me penchais. Soit il lui murmurait quelque chose à l'oreille. Les bras d'Elyo s'arquèrent et se posèrent sur les côtes du Noir. Ils semblaient en plein orgasme, tout les trois. Le Noir ronronnait, enlacé par le serpent. Il se frottait à la panthère noire, comme un chat en chaleur, affrontant son sourire carnassier à mesure que les mouvements d'Elyo se faisaient plus suggestifs, de plus en plus lascifs. Dans les trois regards, de jais, émeraude ou bien saphir révait un seul désir: rejoindre une ruelle sombre, et à peine cachés par un pan de mur, arracher les vêtements et s'adonner au plaisirs de la chair. J'eus le souffle coupé.
Dans les quelques minutes à venir, je vis très très très bien vu la main du Noir posée sur la fesse à mon frère, et ce dernier sourire en me fixant brièvement, avant de sortir de la boite. Je me levais, prenant la min de Kiara. Un simple contact qui pourtant me fit frémir. Je cherchais à ne pas y accorder trop d’attention, la tête déjà bien remplie de bruits, de flash, de malaises, et du sourire d’Elyo.
- Il faut qu’on les empêche de faire une connerie.
- Ils se sont déjà rués dedans, si tu veux mon avis, Will. C’est eux qui se sont jetés sur la piste de danse.
- Ils étaient ivres.
- Et le mec le savait. Eux aussi. Ecoute… Elyo est…
- Est quoi ? Proche de sa majorité ? Même s’il avait dix neuf ans, ou vingt, il serait toujours aussi con !
Kiara et moi avions franchis la sortie et étions désormais dans le hall, où un couple gay, plaqué contre le mur, s’embrassait langoureusement. Elle me prit le poignet, avec force.
- Si j’étais lui, moi, j’en aurai marre d’avoir un frère qui me prend pour un gosse.
Elle me lâcha, marquant ma peau de traces rouges, et croisa ses bras sur sa poitrine.
- Tu veux toujours tout superviser, autant de la vie de ton jumeau que celle des autres.
- Tu ne comprends pas…
- Si. Je t’aime plus que n’importe quel autre mec, Will. Mais des fois, cet état de mégalo à tout-va m’énerve. Il faut tout le temps que tu la ramènes.
J’étais raide. J’avais envie de frapper quelque chose, le mur de préférence, mais mon cerveau s’était déjà lancé dans la compréhension de ses dires. Dans la recherche d’une explication, du pourquoi j’avais l’impression qu’elle avait raison. Mes poings se serrèrent, et malgré ma volonté, mon regard chuta, et mon visage avec. J’en avais marre. Elle ne comprenait pas. J’avais besoin d’Elyo. Il ne pouvait pas s’éloigner de moi en compagnie d’autres hommes pour faire quelques actions peu catholiques.
Elyo était à moi.

Au lycée, quelques semaines plus tard, je veillais à Willan. Il était malade, ça se voyait. Ses cheveux étaient secs, sans aucun soin apporté, vêtements qui passaient pour normal pour les autres, mais que je savais étranges sur lui, ongles rongés, cernes. Mais en dehors de cela, il était impeccable.
Le coude plié sur la table de mon bureau, je le fixais, à quelques rangées de moi. Il était malade… et moi aussi, non ?
Le cours de français se déroulait calmement, le prof récitait quelques notions philosophiques sur je ne savais quel auteur du dix neuvième, quand soudain, je ressentis une première douleur.
Mes doigts se plaquèrent contre ma gencive. Il fallut à peine quelques secondes pour que le goût âcre du sang se mêle à la salive, dans ma bouche.
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