Partagez | 
 

 Ombres Blanches Pv [Alessandra]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Kaprice Ashfield
Serpentard
Serpentard
avatar


Messages : 20
Popularité : 16
Date d'inscription : 31/07/2011
Localisation : Manoir Ashfield

+ Me, Myself and I __
Force Magique: Dark Ravens
Gallions:
0/0  (0/0)
Inventaire:

MessageSujet: Ombres Blanches Pv [Alessandra]   Jeu 11 Aoû - 2:30

Ombres blanches

¤ ¤ ¤


Les volutes tourbillonantes des brumes glacées de Novembre tressaient une toile d'araignée spectrale et evanescente au dessus des flots noirs du Loch de Poudlard. Une lugubre nuit à la Lune voilée de nuages blanchatres s'était abattue sur la vieille école de magie. Au loin les arbes centenaires de la Forêt Interdite, caressés par la brise acérée murmuraient leurs complaintes mélancoliques. Temps de mystère et d'idées noires, les étoiles rêvaient dans le néant de leur éternité, et leurs mirages fantomatiques, appelaient à mille songeries éthérées. De ses gants de soie blanche, Kaprice ressera les pans soyeux de son écharpe de fourure noire sur son cou de cygne. Il faisait si froid, en ces heures précédent minuit et la venue d'un nouveau jour. L'herbe gelée craquait sous la semelle des bottes talonnées, décorées de peaux de loups, à mesure que la gracile Sirène progressait en direction des rives clapotantes du lac fumant.

Dans les oreilles de Kaprice, rougies par la langue sifflante du vent, résonnaient encore le fracas métallique, de l'entrainement d'escrime que s'était imposée la belle en début de soirée. Les petites sandales lacées qui sautillaient sur le tapis d'entrainement, la poitrine comprimée par un corset moletonné qui se soulevait hératiquement au rythme du souffle haché de fatigue, et toujours cette pointe d'acier mouchetée qui dansait devant les yeux ambrés de la belle. Le genoux délicat qui se plie, la cuisse galbée qui propulse et le tintement métallique du fleuret perforant le coeur du mannequin d'entrainement dans une fente parfaite. Touché ! D'une volte légère sur la droite, un sourire satisfait sur le visage, la duelliste dégagea son fer d'une torsion du poignet, esquiva sans mal la réplique hésitante de l'armure enchantée, et revint en garde basse à l'octave. Quinze assauts d'affilé, la Sirène était épuisée, et pourtant, sans aucune miséricorde pour son corps douleureux et brulant, elle recommença à tourner autour de sa victime inanimé.

La douleur du combat, pour oublier la frustration de plaisirs envolés avec l'humeur lunatique de la jolie Alessandra Warrington ; ce n'était qu'à ce prix que la naïde arrivait à ravaler la rancoeur, de trop nombreuses nuits solitaires subies sous le voile frigorifié de draps peinant à réchauffer un seul corps, là où jadis deux ombres voluptueuses s'étaient calinées. Jeux de lèvres, glissant et mordillant pour mieux s'unir, caresses et frôlements réveillant des ardeurs coupables, les chevelures qui se mèlent, les poitrines qui se trouvent, et les jambes qui s'entrelacent, tout ces délicieux souvenirs s'évaporaient entre les filins brumeux, pour ne laisser plus que l'acidité de l'incompréhension. Les semaines s'étaient écoulées, mornes et silencieuses, à mesure que la belle rousse s'était faite plus distante, plus insaisissable et avait fini par ruisseler, comme une eau noire qu'il est impossible de retenir entre les doigts refermés de la Sirène délaissée.

Colère de la lame de fleuret forgée dans le plus résistant alliage gobelin, qui siffla dans l'air, tourbillonna et virevolta, avant d'arracher d'un geste souple le heaume du mannequin d'entrainement. Touché ! L'armure tanga sur ses genouillères rouillées, peinant à retrouver l'équilibre de son enchantement brisé. Kaprice repassa à l'attaque. Estoc, taille, le trait d'argent se pliait souplement à mesure que les coups résonnaient dans la salle de duel déserte. A l'extérieur du castel, la marée de la nuit roulait lentement ses flots ténébreux dont les vagues encrées innondaient le parc déjà noir. Une nouvelle attaque, flèche de rage et sursaut d'incompréhension, la cible vaincue s'écrasa au sol, inerte, rendue à l'inanimé qui l'avait vu naître. L'haleine brulante, le regard sombre et les sourcils froncés, Kaprice laissa échapper sa rapière puis défit d'un coup sec les lanières de son corset d'entrainement. Le plastron tomba, ne laissant plus à la belle luisante de sueur qu'un soutien gorge de dentelle pour contenir les tressauts de sa poitrine affolée. La situation ne pouvait plus durer, sa résolution était prise, il fallait qu'elle trouve Alessandra et réussisse à obtenir une confrontation avec son amante tant désirée.

La belle ombre rousse était bien là, songeuse et méditative au bord du lac noir. Sans un bruit, les pans de son imposant manteau de fourrure de renard blanc ondulant dans l'air, Kaprice se rapprocha du dos de la jeune femme. Quelques pas, d'une démarche souple, le sol à peine effleuré par ses talons blancs vernis, puis elle referma tendrement la prise de ses bras autour de ce corps pâle qu'elle avait tant de fois caressé. Sa poitrine pressée contre les omoplates de la septième année, son menton posé sur une épaule délicate, elle se serra plus étroitement contre sa maîtresse, savourant avec délice les saveurs mêlées du parfum et de la peau de sa condisciple. Mutines, les lèvres de la Sirène effleuèrent avec volupté l'arc sensuel de la gorge d'albatre, avant de venir doucement murmurer dans le creux de l'oreille.

-Alessandra...Tu me fuis ? Qu'est ce qui ne va pas ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dark-hope.forumactif.com/
Alessandra Warrington
Serpentard
Serpentard
avatar


Messages : 86
Popularité : 89
Date d'inscription : 02/04/2011
Localisation : Où le vent m'emportera
Avatar : Turquoise, DeviantArt

+ Me, Myself and I __
Force Magique:
Gallions:
200/10000  (200/10000)
Inventaire:

MessageSujet: Re: Ombres Blanches Pv [Alessandra]   Ven 12 Aoû - 13:15


    Avec toi, j'aurais voulu avoir des enfants. Voir des petits Jacob et des petites Alessandra courir partout dans la maison. Nous aurions eu trois enfants... non quatre. J'aurais voulu vieillir à tes côtés. Que tu vois les premières rides sur mon visage.

    Alessandra froissa la lettre pour la millième fois depuis qu’elle l’avait reçue. Et pour la millième fois, elle se haït et la déplia soigneusement pour la lisser du plat de la main. La rousse leva la tête et observa le professeur fantôme déambuler dans la classe en récitant d’une voix morne sa leçon. Personne ne l’écoutait, la plupart des Serpentards avaient caché leur tête dans leurs bras croisés et c’est tout juste si on n’entendait pas les plus idiots ronflés. Quant aux Gryffondors qui suivaient le même cours, certains avaient enchanté leur plume pour qu’elle prenne automatiquement des notes mais le reste des rouges et or faisaient comme leurs ennemis : ils dormaient. Alessandra était la seule plus ou moins réveillée dans cette classe mais c’était aussi la plus éloignée psychiquement. Elle n’avait pas écouté un traitre mot mais ça, ça ne changeait pas de d’habitude. Elle pensait à Jacob, ça non plus ne changeait pas. Par contre, penser au petit Jacob qui grandissait dans son ventre, ça ça changeait de d’habitude. Et ce n’était pas très dérangeant.

    Lorsque la cloche sonna la fin des cours, Alessandra se leva rapidement avant que les autres sortent des méandres embuées du presque sommeil. Quand elle sortit dans le couloir, elle vit une tornade de cheveux bruns à l’opposé du couloir et fila dans l’autre sens. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas dormi avec Kaprice et ça lui manquait. Cependant, elle ne pouvait pas la rejoindre, ç’aurait été… impossible. Elle pensait beaucoup trop à Jacob et au bébé. Elle voulait juste être tranquille. Alors oui, elle évitait sa maîtresse. Comme elle évitait de croiser le regard de Thomas. Comme elle évitait de penser aux yeux vides de son amour. Comme elle évitait de penser au futur dilemme et aux futurs problèmes. Ce qu’elle évitait plus que tout, c’était de penser à ce qu’elle devait demander à Duncan et au Mage Noir… Cela la terrifiait au plus haut point. Et c’était à cause de tout ça qu’elle ne dormait plus avec Kap’, sa Kap, celle avec qui elle adorait passer du temps.

    Comme à son habitude, Alessandra se réfugia dans son dortoir, ferma les rideaux de son baldaquin et attendit que ses compagnes de chambrée entrent puis ressortent pour le repas du soir. La rousse avait caché sa tête sous son coussin et était couchée sur le dos, les mains sur le ventre. Un sort de silence protégeait son lit et elle pleurait en toute tranquillité. Une fois qu’elle fût sûre que toutes les filles étaient sorties, Alessandra se leva, courut dans la salle de bain et prit un douche glacée. Elle s’enroula dans une serviette moelleuse, sécha magiquement ses longs cheveux pour ne pas tomber malade, s’habilla et fila dans la Grande Salle pour manger un plat de pâtes ou quelque chose du même genre. Lorsqu’elle entra, la jeune fille sentit le regard de Kaprice dans son dos mais elle l’ignora et s’assit entre Taylor et Nemesis, en face de Thomas. Aless rassembla ses cheveux en un grand chignon et planta sa fourchette dans une tranche de viande. Le dîner était le seul repas où elle pouvait tout engloutir sans vomir… jusqu’au lendemain matin.

    Thomas la dévisageait mais la rousse n’en avait cure et se concentrait sur son estomac. Elle avait fouillé dans la bibliothèque pour trouver les meilleurs aliments pour que le bébé soit en forme. Elle en avait aussi un peu parlé avec Amy, l’infirmière, mais n’avait pas trop insisté. La brunette était crédule jusqu’à un certain point mais, comme le dise si bien les moldus, faut pas pousser mémé dans les orties. La rousse s’était donc rabattu sur les livres et avait appris qu’il suffisait de manger sainement. En gros, elle pouvait manger normalement… moins la plaque de chocolat qu’elle engloutissait lorsqu’elle déprimait. Dommage, elle en aurait bien eu besoin. A la fin du repas, la directrice les renvoya dans leur dortoir mais Alessandra prit la direction du lac. Elle s’assit sur une pierre plate et ressortit la lettre pour la cinquième fois de la journée.

    Perdue dans ses pensées, la rousse ne vit pas le ciel devenir noir encre, ne sentit pas le vent lui mordre les doigts, les faisant prendre une couleur bleutée, n’entendit pas une branche craquer sous les talons vernis de sa maîtresse et ne sentit sa présence que lorsque Kaprice enroula ses bras autour de son corps gelé. Alessandra sentit la chaleur de la brune traverser ses vêtements et se rendit compte qu’elle était assise sur son manteau plutôt que d’en resserrer les pans autour de son ventre. Elle sentit le petit être dans son corps bouger légèrement pendant que les lèvres de Kap glissaient sur sa mâchoire.

    Alessandra...Tu me fuis ? Qu'est ce qui ne va pas ?

    La rousse releva la tête, rangea la lettre dans sa poche après l’avoir soigneusement pliée puis tira son manteau de sous ses fesses pour s’enrouler dedans avec délices. Elle souffla sur ses doigts pour les chauffer puis se blottit contre Kaprice. Son corps se réchauffa lentement et c’est seulement quand il atteint une température plus ou moins normal que la septième année ouvrit la bouche pour parler. Sa main vint automatiquement se poser sur son ventre. L’infirmière avait eu la gentillesse de lui donner une potion qui permettait de garder son ventre à sa taille normale afin que personne ne sache quoi que ce soit sur sa… condition.

    Je ne te fuis pas… je crois. Et tout va bien ! Pourquoi, tu en doutes ?

    La rousse tourna légèrement la tête afin de voir le visage de Kaprice. Bien sûr qu’elle en doutait. La brune était du genre à tout analyser pour trouver ce qui n’allait pas. Mais Alessandra n’avait aucune envie de parler de sa mission, de Jacob et des conséquences… Elle avait juste envie… de dormir et de ne jamais se réveiller ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Ombres Blanches Pv [Alessandra]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Les Ombres
» Le clan des Ombres
» Duel d'Ombres. [Hamaÿeb]
» L'Europe des ombres
» Objets de la guilde des ombres

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hogwart's Devil :: Poudlard :: L'exterieur :: Le Lac-